Türkiye Cumhuriyeti

Marsilya Başkonsolosluğu

Konuşma Metinleri

Toulon Akdeniz Yüksek Stratejik Araştırmaları (HESM) tarafından düzenlenen konferans kapsamında ""Arap Baharı ve Türkiye, Türkiye ekonomisinin bölgeye etkileri" konusunda Başkonsolos Deniz Erdoğan Barım'ın yaptığı sunum., 15.03.2013

Monsieur le Commissaire Général de la Marine,
Monsieur le Général de brigade, Directeur des études,
Monsieur Le Directeur,
Mesdames et Messieurs,
C’est un grand honneur et certainement un grand privilège pour moi aujourd’hui d’être ici parmi vous et de participer à ce séminaire.
J’ai été invitée par le Général Foudriat dans le cadre de 23ème session de Hautes Etudes Stratégiques de la Méditerranée, pour faire une contribution au thème d’étude intitulé “Incidence du « printemps arabe », dans le contexte de la crise économique et financière mondiale, sur l’avenir des relations entre le Nord et le Sud de la Méditerranée ”.
Je considère que ma présence parmi vous est une preuve de l’intérêt croissant envers la Turquie.
En tenant compte de la position stratégique et géopolitique, la Turquie se situe dans l’épicentre de nombreuses régions différentes, elle partage une histoire commune avec un grand nombre de pays. Elle joue un rôle important sur la scène internationale.
En effet, aussi avec les développements récents, la Turquie est devenue plus visible et plus active au Moyen-Orient.
Le Tunisie, Egypte, Libye, Bahreïn, Yémen... la liste des pays touchés à différents niveaux par le "Printemps arabe" est longue. Une volonté commune de liberté, de développement économique et de lutte contre la corruption s'est exprimée dans les sociétés civiles. Ces dernières ont dû s'interroger sur un nouveau système. Il faut dire aussi que tout pays a ses propres caractéristiques. La dynamique interne actuelle est différente pour chaque pays.
Reposant sur un système démocratique, sur une économie dynamique et sur une tradition qui concilie modernité et identité culturelle, la Turquie depuis sa création a poursuivi une politique étrangère génératrice de sécurité et de stabilité dans sa région.
L’objectif principal de la politique étrangère turque est de soutenir et de renforcer un environnement de paix, prospérité, stabilité et de coopération.
Ainsi, consciente de la nécessité de consolider les piliers de la stabilité politique, de la prospérité économique et de l'harmonie culturelle afin de maintenir une paix durable à l’échelle mondiale, la Turquie s'est engagée à renforcer le dialogue politique avec tous les pays, notamment aujourd’hui avec les pays arabes qui sont à l'étape post-révolutionnaire de l'institutionnalisation du changement. D’autre part elle s’engage à rechercher de nouveaux domaines de coopérations économiques et commerciales et à augmenter son aide aux pays en développement.
I - LES RELATIONS POLITIQUES DE LA TURQUIE AVEC LES PAYS DU BASSIN MÉDITERRANÉEN ET LE MOYEN ORIENT
En ce qui concerne la politique étrangère, il n’y a presque aucun terrain, où la Turquie ne joue un rôle visible dans l’agenda mondial. À travers le rôle de facilitateur et de réconciliateur qu’elle a commencé à assumer pour aider les pays tiers dans la résolution de leurs problèmes aussi bien internes que bilatéraux, la Turquie a ajouté ces dernières années un aspect relativement nouveau à sa politique étrangère. Ce qui complète sa vision globale des relations internationales actuelles.
Ainsi, la Turquie privilégie les opportunités et initiatives visant à améliorer la coopération et l'amitié entre les états en se basant sur le principe de "gagnant-gagnant" plutôt que de se focaliser sur la multitude de problèmes existants.
La Turquie a continué, en 2012, à montrer qu’elle avait effectivement une diplomatie visant à contribuer aux relations avec un certain nombre de ses voisins proches (Egypte, Tunisie, Libye, Syrie, Iran, Irak…). L’appui politique et financier que la Turquie fournit à ces pays, découle du soutien qu’elle a apporté aux «printemps arabes» dès 2011 et qui lui a permis de renforcer son image de puissance régionale et de se rapprocher des positions de ses alliés occidentaux.

II - LES RELATIONS ECONOMIQUES DE LA TURQUIE AVEC LES PAYS DU BASSIN MÉDITERRANÉEN ET LE MOYEN ORIENT
Malgré la crise économique qui envahit toute l'Europe, la Turquie a été capable de se tenir comme la deuxième économie, ayant la plus forte croissance dans le monde juste après la Chine. Et cela a naturellement attiré un grand nombre d’intérêts sur les politiques économiques et les choix prioritaires de la Turquie. Elle dispose non seulement d’une forte économie mais aussi d’une société dynamique. Elle possède également des liens culturels et historiques forts, avec de nombreux pays de cette région et peut donc jouer un rôle actif.
Pour donner quelques chiffres,
En 2012, la part totale de commerce extérieur turc avec les pays du Moyen-Orient ont continué à augmenter. Les investisseurs turcs ont massivement intégré les marchés de la région. S’appuyant aux données de l’Institut de la statistique turque (TÜİK), le commerce extérieur turc avec le Moyen-Orient a augmenté d’environ 33,3% et s’est élevé à 59,5 milliards de dollars. Le surplus commercial turc est de 4,9 milliards de dollars, cela représente une augmentation de 261% et se traduit en 17,75 milliards de dollars.
Alors qu’en 2012, notre commerce bilatéral avec la Syrie par rapport à 2011 a diminué de 70,7%, qui s’est réalisé à 570,3 millions de dollars, il a été observé que cette forte baisse ait été compensée par l'augmentation de commerce global avec le Moyen-Orient.
Les investissements turcs se sont élevés en Libye à une quinzaine de milliards de dollars. La Turquie est le deuxième principal fournisseur de la Libye (9,1%)
D’autre part, alors qu’à la fin des années 1990, la Turquie était un pays bénéficiaire de l’aide étrangère, elle est maintenant devenue un important pays donateur. Elle dépense plus de 1 milliard de dollars par an pour l’assistance au développement au travers de l’Agence de Coopération et de Développement. En conséquence, en moins de quelques années la Turquie a grimpé à l’échelle du classement mondial économique et devenu la 16ème plus grande économie du monde et la 6ème en Europe.
Chers participants, je voudrais citer également et brièvement la position de la Turquie par rapport au printemps Arabe,
III. LE PRINTEMPS ARABE ET L’APPROCHE DE LA TURQUIE
• Le processus de changement et la transformation démocratique dans le Bassin Méditerranéen et le Moyen Orient sont une conséquence de l’histoire et représentent aujourd’hui les répercussions des événements d’après la Guerre froide.
• Le Printemps Arabe hérite la long-retard d’élimination de la dictature dans le Moyen Orient comme dans le cas de l’Europe de l’Est.
• Le changement et la transformation démocratique dans le Bassin Méditerranéen et le Moyen Orient peuvent être considérés comme inévitables et irréversibles.
• La région se lance dans un long voyage envers une transformation démocratique émanant des défis ainsi que des opportunités uniques.
• La caractéristique commune de tous ces processus est qu’ils sont tous originaires de raisons internes, représentant les dynamiques inhérentes.
• Des raisons ethniques ou sectaires n’ont pas empêché le changement et la transformation en cours dans le Bassin Méditerranéen et le Moyen Orient. Le peuple vise tout simplement à établir un régime libre, démocratique et fiable. Néanmoins, le risque de conflit ethnique et sectaire peut dégénérer dans la région si le support nécessaire n’est pas accordé au processus de changement.
• En ce qui concerne les mouvements populaires dans la région, nous avons adopté une approche fondée sur certains principes. Dans ce contexte, je voudrais souligner les points suivants :
o Les aspirations légitimes des peuples doivent être prises en compte pour atteindre la paix et la sécurité durables dans le Bassin Méditerranéen et le Moyen Orient.
o Nous soutenons profondément nos partenaires régionaux pour mettre en œuvre des réformes plus complètes.
o La violence et usage de la force contre le peuple sont inacceptables.
o La souveraineté, l’indépendance, l’intégrité territoriale et l’unité politique de chacun des pays doivent être préservés et respectés.
o La transformation doit être soutenue par les peuples concernés.
o Nous ne devons pas permettre à ces processus, d’être détournés par des groupes radicaux qui cherchent dans la région du conflit sectaire, ethnique ou idéologique.
• Tout pays a ses propres caractéristiques. Le besoin du changement ainsi que la dynamique interne actuelle diffère d’un pays à l’autre. Une approche de type «prêt-à-porter » n’est pas applicable à tout pays en transition. Chaque pays constituera son propre model pendant la période de transition vers la démocratie.
• La Turquie attribue une grande importance à la consolidation et avancement de la démocratie et de pluralisme dans le Bassin Méditerranéen et le Moyen Orient.
• Il est important que les valeurs communes partagées par la Turquie et la communauté internationale soient respectées pendant ce processus de changement et la transformation dans le Bassin Méditerranéen et le Moyen Orient.
• Malgré les difficultés rencontrées durant le changement dans la région en 2012, ce processus dans son ensemble peut être considéré comme réussis, vu que le nouveau parlement et le gouvernement fondateurs ont été établis l’année dernière.
• En Tunisie, le parlement et le président Moncef Marzouki ont été élus d’une manière démocratique. En Libye, les élections du Congrès Général National qui ont eu lieu le 7 juillet ont constitué une étape importante. Nous sommes témoins de l’élection démocratique de Monsieur Mohammed Yusuf Magariaf en tant que président du Congrès Général National. L’Egypte a parcouru un long chemin sur la voie de la démocratisation et Mohamed Morsy est le premier président du pays démocratiquement élu. Par ailleurs, nous sommes très ravis de constater que le peuple Egyptien possède une nouvelle Constitution. De même, au Yémen il y a un président démocratiquement élu. Tous les pays qui subissent une transformation ont élu leur Gouvernements de Transition.
• En 2013, les élections parlementaires seront organisées dans certains pays et les gouvernements de transition seront remplacés par des nouveaux gouvernements qui seront chargés des affaires du pays pour une période définie.
• La Turquie continuera dans la région à soutenir les gouvernements élus de manière démocratique et ses interlocuteurs seront ces gouvernements démocratiques.
• La communauté internationale doit respecter sans préjudice de tout groupe, la volonté du peuple dans ces pays qui subissent une transition. Les peuples de la région devraient pouvoir s’exprimer et prendre leurs propres décisions sans imposition externe.
• La Turquie fournit le support technique et financier aux pays en cours de transition.
• La communauté internationale doit reconnaitre sa responsabilité à renforcer la capacité des gouvernements démocratiques dans la région. L’absence de la bonne gouvernance et les empêchements dans les prestations de services publics donnent lieu à des conséquences politiques adverses. C’est pour cette raison que nous devrions encourager les nouveaux gouvernements à concentrer leur efforts sur la bonne gouvernance, efficacité et privilégier des objectifs nationaux à longue terme au lieu des stratégies politiques à courte vue.
• Etant donne que le bien-être économique est une condition nécessaire pour la stabilité politique et la démocratie solide, la Turquie a offert une enveloppe financière de 2 milliards de dollars afin de soutenir la récupération en Egypte. La Turquie a également fourni en Tunisie une enveloppe d’assistance financière d’un montant de 500 millions de dollars.
• Nous demandons la mise en place d’une assistance financière conjointe et immédiate pour les pays en transition afin d’aider à assurer que la transformation en cours dans la région se poursuive dans la bonne direction.
• Pour que l’intégrité territoriale de chacun des pays soit préservée, les frontières ne doivent pas constituer des obstacles à l’intégration économique et culturelle.
• En cas de besoin, la Turquie reste prête à partager ses propres expériences avec les pays intéressés.

Avant de terminer mes paroles, je voudrais remercier à tous ce qui ont participé à cet séminaire, tout particulièrement à la Fondation Méditerranéenne d’Etudes Stratégiques, à la direction des Hautes Etudes Stratégiques de la Méditerranée et ainsi que tous les intervenants pour contribuer au succès de cet événement.